Une chance pour le Val d'Oise
19/01 : comme beaucoup de jours depuis plusieurs semaines (plusieurs mois ?? je sais pas, mais ça commence à faire bien rengaine quand même), je me fais la réflexion que ça devient vraiment une urgence de faire les poussières dans le salon / salle à manger. A chaque fois, je me rapproche de plus en plus de la transformation de cette réflexion en action, de plus en plus !, de fois en fois, tellement que ça devient vraiment dangereux pour moi et de plus en plus dur de me trouver une sale excuse pour ne pas me plier à cette corvée. Et donc mardi dernier, alors que j'étais en train d'envisager de m'y mettre, vraiment, j'avais tout planifié dans ma tête, déroulé mentalement tout le scenario du grand nettoyage, réfléchi à l'enchaînement optimal des coups de chiffon, checklisté jusqu'au moindre recoin même pas mentionné sur le plan de la maison, quand soudainement, mon projet hypothétique de reproduire le blason du Val d'Oise dans un vague futur lointain est devenu une extrême nécessité à satisfaire immédiatement, envoyant au tapis (dessous ?) toute la poussière, les chiffons et pschitt-pschitt inhérents.
Je me suis donc saisi de mes outils maintenant familiers et me suis précipitée au sous-sol pour entamer mon ouvrage, avec la malsaine pensée qu'en plus, j'allais faire plein de poussière et en semer partour dans la maison.
Aperçu de la cible :
Les armoiries du Val d'Oise se décrivent: de gueules à la cotice en barre ondée d'argent accompagnée en chef d'un alérion d'or et en pointe d'une croisette ancrée du même, à la bordure cousue d'azur chargée de dix fleurs de lys aussi d'or.
C'est bon ? Pour ceux qui n'auraient pas tout saisi, voici un petit complément d'information :
La barre ondée fait référence à l'Oise. L'alérion vient des armoiries de la famille de Montmorency et la croix ancrée de la famille de Neuville de Villeroy, seigneur de Magny. La bordure reprend les armoiries de l'ancienne province d'Île-de-France.
Je pris la décision de ne mettre en relief que les machins en or, le piaf et la croix, qui d'après moi, étaient les choses à faire ressortir du blason.
Ce jour-là, je découpis donc le blason dans la plaque de médium. Je le pyrogravis, mais pas entièrement, seulement la délimitation intérieure et le tracé de l'Oise. Là, je décidas en mon for intérieur qu'il n'était plus question de mettre les fleurs de lys en relief : trop petit, et de ne pas non plus les creuser à la fraise mais simplement de les pyrograver ultérieurement (à moins qu'il ne faille à nouveau trouver une excuse dans la précipitation pour m'exempter de la corvée poussières, je ne voulais pas non plus me lancer dans quelque chose d'irréalisable, au risque de devoir abandonner et de me retrouver disponible, vous voyez ? Tout est question de dosage).
Le soir, après le coucher des enfants, alors même qu'il n'était pas question une seconde de faire les poussières, je suis descendue au sous-sol pour découper mes deux motifs. Et c'est là que je suis revenue un instant sur mes a priori. Etais-je réellement mieux équipée que Papy Jeannot pour effectuer ces petites découpes ? Franchement, je pense qu'avec la dremel, c'est plus dur d'être précis (la lame est plus grosse et scie toute seule juste quelques milliers de fois plus vite (rien à voir avec la rapidité d'exécution du travail qui doit être sensiblement la même, voire pire pour moi)), certaines découpes ne sont pas possibles et ça peut aller très vite de tout bousiller en une fraction de seconde (la chair de mes doigts y compris). Et en plus, je bouffe de la poussière par la bouche, les yeux, le nez, malgré les protections, c'est terrible. Heureusement mes doigts n'ont pas (encore) souffert de ma nouvelle passion. Bref, donc la petite croisette ancrée là, ça a l'air fastoche comme ça. Que nenni ! Pourquoi croyez-vous que c'est limite qu'on s'en rend compte si elle est ancrée, ma croisette, pourquoi elle est de traviole et même pas correctement proportionnée, hein ? Parce que c'est une horreur à découper avec la dremel !!! Parce que la dremel, ben ça tourne sur soi-même, ça fait pas juste des allers-retours, donc les lames sont de tous les côtés, donc tu découpes d'un côté, tu fais pas gaffe et vlan, tu dégages une pitite ancre par derrière ! Heureusement, ma petite croisette ancrée n'a subi que de petites altérations et donc, si je vous présente aujourd'hui ce résultat imparfait, c'est parce que je n'ai pas voulu tenter le diable et risquer une amputation qui aurait mis en péril l'oeuvre tout entière car je n'aurai sûrement pas eu le courage de recommencer. Comme j'aime à le dire, j'ai cette incroyable chance de ne pas être perfectionniste et de pouvoir me contenter d'un résultat acceptable sinon parfait, et donc de faire la juste part des choses entre le temps passé et la qualité du résultat. Qu'est-ce que j'aurais gagné à refaire 10 fois ma croisette, à équilibrer les branches parfaitement, à la poncer, à la polir, à la bichonner pendant deux semaines ? Rien ! Je suis déjà tellement fière de moi avec ce truc de guingois et mal foutu pas lisse :-D
(surtout que ! qui dit que même si j'y avais passé deux semaines dessus, je n'aurais pas un truc de guingois mal foutu et pas lisse ?).
Bon, donc il m'a fallu entre 30 et 40 minutes pour découper chacun des deux motifs, le piaf étant long mais pas techniquement difficile à effectuer (surtout si on n'est pas maladivement maniaque :-)).
Je faisas une photo que voici de l'avancée.

Puis je me couchas, heureuse, fatiguée, mais surtout consciente d'avoir évité vraiment de justesse cette fois la corvée des poussières.
Les jours suivants, j'eus une sorte de petit coup de flemme (putain, c'est reparti pour le fou rire... pfiou, pardon, c'est nerveux) et je devas laisser un peu mon oeuvre en chantier.
24/01 : un début de regain se dessinant à l'horizon, je décidas pour ma convalescence de terminer le blason. Je dessinais puis pyrogravationnais donc les fleurs de lys (10 ! pffff.... hein... rha mais mince ! JE SAIS que ce ne sont pas toutes les mêmes, j'aurais pu prendre un pochoir ou quoi, mais je ne vise pas la perfection, je me tue à vous le répéter, c'est pas mon truc, ça se saurait, j'ai tout fait à main levée, on va dire que cette imperfection est ma marque de fabrique, ma petite touche personnelle, un truc à me rendre incopiable, c'est vrai, quoi, tout le monde peut être parfait en y mettant un peu du sien !). Puis je peindis tout ! Je collas les motifs et signas l'oeuvre, cette fois, tout à la fin (tellement que j'ai failli oublier).
Et voilà.


Et une petite photo de famille.

L'étape suivante est bien sûr le blason d'Ile de France qui ne présente pas de grosse difficulté (à moins qu'on veuille y inscrire un poil d'application ? ;-)). En attendant... mes poussières ne sont toujours pas faites !!
